[Etude] Economie du Gabon : Etat des lieux et impacts de la crise post-électorale de 2016

Cette étude de 83 pages a vocation à dresser un état des lieux synthétique de la situation économique du Gabon avant l’élection présidentielle du 27 août 2016 et d’analyser les conséquences de la crise post-électorale née de l’élection contestée de M. Ali Bongo Ondimba.

Notre étude se décline en 2 parties. La première prendra la forme d’une note générale sur la situation économique du Gabon. La seconde regroupera 4 notes sectorielles sur la situation de 4 secteurs stratégiques qui structurent l’économie nationale, à savoir les secteurs pétrolier, minier, forestier et les services.

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Abstract

Depuis la fin de l’année 2014, l’économie gabonaise, fortement dépendante des revenus pétroliers, connaît des difficultés. Les ressources budgétaires sont en baisse, les investissements publics sont en net repli, l’endettement public a triplé, de nombreux chantiers sont à l’arrêt et les inégalités sociales se sont accrues.

La baisse des cours du pétrole a fortement dégradé la situation économique du pays. Des choix d’investissement opérés par les gouvernements successifs au cours de la période 2010-2014, pendant laquelle les cours du brut étaient haussiers, étaient inopportuns. Par ailleurs, la gestion des finances publiques est critiquée par des organisations internationales qui appellent à une plus grande discipline budgétaire.

C’est dans ce contexte économique morose qu’a été organisée le 27 août 2016 une élection présidentielle opposant principalement M. Ali Bongo Ondimba, dont la famille gouverne le pays depuis près de 50 ans sans discontinuer, et M. Jean Ping, son challenger. M. Ali Bongo Ondimba a été déclaré élu. Son principal adversaire, M. Jean Ping, les observateurs de l’Union africaine et de l’Union européenne ainsi que la communauté internationale ont unanimement émis des doutes et de fortes réserves sur la sincérité du scrutin. Les contestations qui ont suivi la proclamation de la victoire de M. Ali Bongo Ondimba ont été réprimées dans une violence sans précédent. M. Jean Ping continue de revendiquer sa victoire et le respect du vote exprimé par les électeurs dans les urnes. Le Gabon connaît l’une des plus graves crises politiques de son histoire.

A l’issue du scrutin présidentiel, une baisse de l’activité a été observée. De nombreux mouvements sociaux paralysent l’administration publique et le secteur privé. Les difficultés budgétaires déjà visibles avec la baisse des cours du pétrole se sont accrues avec la crise politique. L’absence de légitimité de M. Ali Bongo Ondimba et la défiance exprimée par une large frange de la population à son égard entravent l’activité économique.

Les secteurs pétrolier, minier, forestier et des services qui structurent l’économie gabonaise sont directement impactés par les effets conjugués de la chute des prix du pétrole et de la crise politique.

Déjà secoué par un contexte de prix bas, le secteur pétrolier a été fragilisé par une série d’amendes et redressements fiscaux. Le volume d’investissements est en-deçà des attentes et des compagnies emblématiques organisent la cession de leurs actifs gabonais. En l’absence de découverte majeure dans l’offshore ultra profond, la production de brut continue de décliner.

Le secteur forestier ne s’est toujours pas remis de la décision brutale d’interdiction d’exportation des grumes de 2010. Quant au système bancaire gabonais, bien que disposant d’un bon niveau de fonds propres, des stress tests ont démontré qu’il est l’un des plus vulnérables de la CEMAC en cas de survenance d’un choc de liquidité.

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Mays Mouissi

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